Zlabia.com Le Rendez-vous des Juifs d'Algerie





Le livre intitulé "Blida et des poussières…Une Algérie dans le miroir" par Line Meller-Saïd...

Envoyé par Bensamy 
Bonjour, Shalom, Salam, Azul,

Voici un livre marquant la présence Juive à Blida durant la période Française...

Page de couverture du livre :




L'auteure retrouve un regard d'enfant pour évoquer les saveurs douces-amères de sa prime jeunesse à Blida, berceau de sa famille, avec les personnages hauts en couleur qui l'ont traversée. Ponctués d'humour ou d'amertume, traversés d'épisodes cocasses ou pathétiques, les récits ressuscitent une vie familiale et sociale frémissante.

• PRÉSENTATION L’ouvrage évoque les flambées d'antisémitisme et leur cortège de terreur, l'iniquité des lois de Vichy, la solidarité dans l'accueil des réfugiés juifs de Libye en 1942, l'enthousiasme envers les soldats alliés libérateurs, et raconte aussi quelques péripéties surprenantes liées au soulèvement nationaliste algérien. Chaque épisode vibre à la croisée des chemins du passé et du présent, de la tradition juive, de l'imprégnation algérienne et de la modernité française. La figure d'Elissa Rhaïs conforte cette richesse d'appartenances à travers le portrait de son fils Roland, « juif et berbère » tel qu'il se revendiquait. Poussières d'or de la mémoire et poussières grises du temps reflètent, sur le miroir d'une ville aux visages changeants et contradictoires, une Algérie non moins protéiforme et imprévisible. De l'eau propitiatoire des départs, symboliquement dévolue à une puissance supérieure, surgit l'espoir de voir enfin s'apaiser la folie sanguinaire qui a ravagé cette terre aimée. Line Meller, née Saïd, à Blida, Algérie. Etudes secondaires au lycée de Blida. Etudes supérieures de philosophie et de psychologie à la faculté de lettres d’Alger et à la Sorbonne. Mère de cinq enfants nés et élevés en Algérie. A œuvré avec le Joint et le Consistoire d'Algérie au soutien des Juifs restés sur place après l'Indépendance. Un ouvrage qui passionnera aussi bien les historiens que tous ceux qui ont vécu en Algérie !

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Un article à propos du livre...


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Blida et des poussières…Une Algérie dans le miroir
Par Line Meller-Saïd (*)






Il était une fois, des Juifs en Algérie. Le nouvel ouvrage de Line Meller-Saïd s’ouvre sur une photographie surannée : une belle et grande famille juive réunie en novembre 1906 dans la cour de la synagogue de Blida. On célèbre alors la bar mitsva du père de l’auteur, Avellan Isaac Saïd. Tout est dit déjà à l’examen minutieux de cette photo. Les personnages, certains portant le turban ou le fez, d’autres, plus nombreux, le haut-de-forme ou le chapeau melon. Le chamach en grande pompe de chambellan avec bicorne et collier doré, le rabbin, en tenue occidentalisée qui lui donne un petit air de curé, les nœuds papillons, les moustaches. Et la ribambelle d’enfants posant fièrement autour d’un cadre aux caractères hébraïques. Tout cela, hélas, est aujourd’hui disparu, emporté par le vent impitoyable de l’Histoire qui a jeté le judaïsme algérien, millénaire, antérieur à la présence arabo-musulmane, sur les routes de l’exil.
Avellan, quel drôle de prénom pour un Juif ! La petite Line mettra longtemps à en comprendre l’origine.

En effet, le 13 octobre 1893, l’escadre du Tsar, conduite par le cuirassé Empereur-Nicolas 1er et le croiseur Pamiat-Azowa entre dans la rade de Toulon sous le commandement de l’amiral Avellan.
Il n’en faut pas plus pour enflammer les esprits. L’engouement des Toulonnais frise la folie. On crie : « Vive la Russie ! Vive le Tsar ! Vive l’Amiral ». Et, par ricochet, faisant assaut de patriotisme, les Juifs de Blida ne sont pas en reste. La communauté organise des collectes destinées aux marins de la flotte russe et le grand-père Saïd « tomba sous le charme de ce grand vent quasi messianique. Un mois plus tard, Avellan naissait ! »

Blida, donc, un îlot de paix sur les bords de l’Oued-El-Kebir. Le conteur algérien Sidi Ahmed Ben Youcef El Meliani explique : « On t’a nommée El Blida, La Petite ville, mais moi je t’appellerai Ourida, Petite rose ». Blida, placée sous la protection du Marabout Sidi Yacoub. Blida, avec aussi, ses Juifs, sa synagogue et son cimetière. Un cimetière, aujourd’hui délabré et abandonné aux chiens errants où, nous raconte l’auteure, un rituel était réservé aux personnes d’exception : le chef de prière, tout en récitant les psaumes d’usage, répandait par pincées autour de la sépulture encore ouverte, de la poussière d’or. Ainsi en fut-il de son grand-père. À travers l’histoire d’une famille juive de Blida, c’est toute la saga des Juifs d’Algérie qui nous est contée avec la célébration des fêtes, les grands moments de la vie, les compétitions sportives, les années de guerre, les joies et les peines et aussi, constante à travers les siècles, la peur. La peur parce qu’on est juif et que telle est la condition des Juifs dispersés depuis la destruction du Temple, en terre chrétienne comme en terre d’islam.
C’était une nuit de juillet où l’on préparait hâtivement la fête nationale, raconte Line Meller-Saïd. Soudain un cri : « À bas les Juifs », repris par la foule. Puis, encore : « Mort aux Juifs, mort aux Juifs, il faut tous les tuer ».

« En cette veille de 14 juillet, Jacob a fermé son bar plus tôt que d’habitude. Il sait combien la foule peut transformer les individus. Il a vu des hommes affables et policés, ou du moins qu’il croyait tels, perdre tout contrôle dans la marée humaine, hurler injures et menaces au diapason de leur entourage, prêts à passer à l’acte de violence et suscitant eux-mêmes, parfois, l’étincelle incendiaire. Oui, il en a vu de ces troupes déchaînées fracassant à coups de barres de fer la devanture de magasins juifs, brisant les vitrines et s’emparant de tout ce qu’ils trouvaient à l’intérieur de l’échoppe ! Et il en a vu de ces vieux Juifs poursuivis par des groupes braillards, jetés à terre, insultés et qui ne devaient souvent la vie qu’à un autre coreligionnaire repéré un peu plus loin comme nouveau gibier ! »

La mémoire juive raconte l’auteure, garde vivace le souvenir des humiliations infligées par les Turcs, des razzias systématiques ou « fiyouns », du statut infamant de la dhimma. « Les Juifs avaient pris l’habitude de toujours se tenir en éveil, quoique l’ensemble de la population musulmane de Blida, relativement pondérée, plus méprisante que haineuse, ait rarement adhéré totalement à la furie antijuive ». Une furie qu’on retrouvera, cinquante ans plus tard, avec des persécuteurs d’un autre acabit, Européens, cette fois.
Deux chapitres un peu particuliers sont consacrés l’un au sort des Juifs libyens à Benghazi, pendant la Seconde Guerre mondiale et l’autre à Roland Rhaïs, le fils de la mystérieuse conteuse si controversée, Élissa Rhaïs.

De très belles photos parsèment l’ouvrage. Très intéressant. Indispensable aux adeptes de la « nostalgérie ».


(*) Éditions Romillat. Décembre 2006. 208 pages. 21€

Source : Jean-Pierre Allali - CRIF - Le 20 juin 2007

Lien => : [www.crif.org]
Il fallait lire son livre "La Juive au tchador" qui est aussi interessant. Ah cette Line Meyer qu'est ce qu'elle aurait pu nous raconter comme témoignages elle qui avait vécu en Algérie au milieu des années 70. Elle y etait retournée au début des années 1990 et avait rapporté d'excellents témoignages des quelques Juifs qui vivaient encore en Algérie. Son livre "Un marché sans Juifs" est à lire . Merci Bensamy pour le partage
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Abderezak
Il fallait lire son livre "La Juive au tchador" qui est aussi interessant. Ah cette Line Meyer qu'est ce qu'elle aurait pu nous raconter comme témoignages elle qui avait vécu en Algérie au milieu des années 70. Elle y etait retournée au début des années 1990 et avait rapporté d'excellents témoignages des quelques Juifs qui vivaient encore en Algérie. Son livre "Un marché sans Juifs" est à lire . Merci Bensamy pour le partage


Juste une petite précision. Line Meller, aujourd'hui âgée de 75 ans, a quitté l'Algérie dans les années 90, victime de l'arbitraire que je tairai par pudeur. Line est une amie chère a mon coeur avec laquelle j'ai le bonheur de communiquer régulièrement par e-mail et par téléphone. Abderzak vous avez raison de dire qu'elle a beaucoup à nous apprendre, en plus d'être romancière talentueuse, Line est professeur émérite de l'université d'Alger. Line si tu me lis je te fais une big boussa...Ô !! Algérie !! Algérie !! que sont tes enfants , devenus.
Bonne continuation à tous.

Ps: uN grand merci à Bensamy, turbo du site Zlabia, d'avoir évoquer Line Meller.
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jibril
Ps: uN grand merci à Bensamy, turbo du site Zlabia, d'avoir évoquer Line Meller.
Oui mais elle a deja fait fait l'objet de discussions dans ce même forum
jibril: "Juste une petite précision. Line Meller, aujourd'hui âgée de 75 ans, a quitté l'Algérie dans les années 90, victime de l'arbitraire que je tairai par pudeur"

A ma connaissance elle a visité l'Algérie en 1990 comme elle l'a précisée elle même. Elle a vécu en Algérie jusqu'au milieu des années 70 comme coopérante et puis elle est revenue pour un court séjour en 1990 sejour durant lequel elle avait ecrit son témoignage "Un marché sans Juifs" en référence au dicton Algérien "Souk bla ihoul kil cadi bla chouhoud" traduction: "un marché sans Juifs c'est comme une justice sans témoins" ce qui veut dire; un pays où il n y a pas de Juifs est un pays où il y manque quelque chose et n'est pas parfait. Et puis monsieur Jibril il n y a pas de "pudeur" à nous raconter cette histoire de "victime de l'arbitraire".
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Abderezak
jibril: "Juste une petite précision. Line Meller, aujourd'hui âgée de 75 ans, a quitté l'Algérie dans les années 90, victime de l'arbitraire que je tairai par pudeur"

A ma connaissance elle a visité l'Algérie en 1990 comme elle l'a précisée elle même. Elle a vécu en Algérie jusqu'au milieu des années 70 comme coopérante et puis elle est revenue pour un court séjour en 1990 sejour durant lequel elle avait ecrit son témoignage "Un marché sans Juifs" en référence au dicton Algérien "Souk bla ihoul kil cadi bla chouhoud" traduction: "un marché sans Juifs c'est comme une justice sans témoins" ce qui veut dire; un pays où il n y a pas de Juifs est un pays où il y manque quelque chose et n'est pas parfait. Et puis monsieur Jibril il n y a pas de "pudeur" à nous raconter cette histoire de "victime de l'arbitraire".

Abderzak, je viens à l'instant d'avoir Line au téléphone. Je lui ai fait part de l'article que notre ami Bensamy lui a consacrée, et je lui ai lu mon intervention et votre réponse. Elle m'a confirmé qu'elle est bien partie d'Algérie en 1995. Elle revient régulièrement, C'est pour cette raison que je préfère taire l'arbitraire dont elle a été victime, et dont elle ne parle jamais en public pour des raisons évidentes. Je lui ai demandé de s'inscrire et d'intervenir de temps à autre sur le forum Zlabia, elle m'a promis de le faire dès qu'elle aura un tantinet de temps libre. Par contre ce soir, elle viendra sur le forum lire les articles qui parlent d'elle. Bonne soirée à tous.
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jibril
Abderzak, je viens à l'instant d'avoir Line au téléphone. Je lui ai fait part de l'article que notre ami Bensamy lui a consacrée, et je lui ai lu mon intervention et votre réponse. Elle m'a confirmé qu'elle est bien partie d'Algérie en 1995. Elle revient régulièrement, C'est pour cette raison que je préfère taire l'arbitraire dont elle a été victime, et dont elle ne parle jamais en public pour des raisons évidentes. Je lui ai demandé de s'inscrire et d'intervenir de temps à autre sur le forum Zlabia, elle m'a promis de le faire dès qu'elle aura un tantinet de temps libre. Par contre ce soir, elle viendra sur le forum lire les articles qui parlent d'elle. Bonne soirée à tous.

Merci Jibril pour cette intervention. Personnellement j'attends avec impatience que Line Meller se manifeste dans ce forum. Donne nous plus de ces nouvelles elle mérite toute l'attention, elle a beaucoup aimé l'Algérie et n'a pas hésité à y venir même aux pires moments. Elle est de la trempe de Roger Hanin, de Marylise Benhaim et Alice Fitoussi: l'amour de l'Algérie sans rancune et sans haine.
bonjour

Line Meller-Saïd est elle de native de Blida?

mais la famille Saïd, oui c'est un boulanger (une vrai armoire a glace)
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